Le plan s’était déroulé sans accroc durant trois ans. Et il fallait avoir l’œil pour découvrir le pot-aux roses en quelques minutes seulement… Les images de vidéosurveillance de la mairie de Borgo Virgilio, que montre le reportage du 20H de TF1 à retrouver en tête de cet article, en témoignent. Elles montrent une vieille dame d’apparence ordinaire se présenter à l'hôtel de ville pour demander le renouvellement de sa carte d’identité. Il s’agissait en fait de son fils de 56 ans, se faisant pour elle, puis confondu par les agents municipaux, qui l’ont aussitôt dénoncé à la police locale.
Le fraudeur croyait pourtant avoir pensé aux moindres détails, ce 11 novembre 2025, en mettant du rouge à lèvres, des faux ongles, des bijoux anciens et une perruque brune reproduisant le brushing de sa maman. Mais d’autres détails ont mis la puce à l’oreille de l'employée au guichet, qui "a remarqué qu'il était très maquillé, malgré la ressemblance"
, explique à TF1 Francesco Aporti, le maire de Borgo Virgilio. Les agents repèrent ensuite quelques notes graves dans la voix faussement aigüe de leur interlocuteur, dont la forme de la nuque et l’absence de rides sur les mains achèvent de les convaincre qu’il s’agit d’un homme. Lequel a cru bon de simuler un malaise pour s'en tirer, faisant apparaître son torse poilu lors de sa chute…

L’histoire pourrait prêter à sourire, mais les forces de l’ordre ont fini par découvrir, lors d’une perquisition au domicile de l’individu, le corps de sa mère momifié dans deux draps au fond de sa buanderie. Il s’agissait, pour son fils, infirmier sans emploi, de percevoir sa pension de retraite de 3.000 euros par mois, ainsi que les loyers de trois propriétés, s’élevant au total à 53.000 euros par an, en dissimulant sa mort aux autorités pendant trois ans. Jusqu’à ce que sa carte d’identité expire, donc.
"Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Pour moi, c’était juste un homme normal, un peu réservé"
, confie à TF1 un pizzaïolo incrédule, travaillant à 500 mètres de la maison du fraudeur. Pour l’heure, une autopsie doit encore lever le voile sur les circonstances exactes du décès de la femme de 82 ans. C’est, du reste, loin d’être la première affaire de ce type en Italie. Rien qu’en 2023, la police a arrêté un habitant de Vérone qui avait réussi à cacher le cadavre de sa mère durant cinq ans, là encore pour toucher sa pension de retraite, ainsi qu’un habitant de la région des Pouilles, parvenu, lui, à dissimuler le corps de son père pendant dix ans. Tous ont été poursuivis pour "dissimulation de cadavre" et "fraude aux prestations sociales".

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