dimanche 11 janvier 2026

Retraite : 7 conseils d’experts pour gagner plus

 


On cotise durant sa vie active mais une retraite ça s’anticipe ! Nos experts expliquent comment l’optimiser.

La retraite ne doit pas être considérée uniquement comme la fin de la vie professionnelle, mais bien comme une nouvelle étape qui se prépare longtemps à l’avance. Tout au long de sa carrière, chacun cotise pour bénéficier plus tard d’un revenu de remplacement, mais il existe aussi de nombreuses manières d’optimiser ses droits et d’augmenter le montant perçu une fois à la retraite. Anticiper reste la clé : il s’agit non seulement de connaître les règles du système de retraite, mais aussi de mettre en place des stratégies financières adaptées. Nos experts rappellent que plus la réflexion est engagée tôt, plus les marges de manœuvre sont importantes pour sécuriser son avenir et envisager une retraite plus confortable.

1. Vérifiez votre relevé de carrière

« N’attendez pas le dernier moment, recommande Fanny Guillou Marre, au sein de la Fédération Agirc-Arrco. Votre relevé doit reprendre toutes vos activités rémunérées mais aussi les périodes non cotisées (chômage, maladie, service militaire…). Rien ne doit être omis, car tout compte pour le calcul de vos trimestres et de vos points de retraite complémentaire. » Contrôlez notamment le report de vos petits boulots. Comme le rappelle, Emmanuel Grimaud, président-fondateur de la société de conseil Maximis Retraite « Les trimestres ne sont pas validés en fonction d’une durée de travail, mais des revenus perçus. Parfois en travaillant 3 mois sur une année, on peut avoir validé 4 trimestres », précise-t-il. Une période oubliée ? Signalez-le à votre caisse. « Assurez-vous aussi de la prise en compte des 8 trimestres pour enfant qui doivent toujours être ajoutés, recommande Philippe Bainville expert retraite à la Caisse nationale de l’assurance retraite. Et signalez vos activités à l’étranger. Dans certains cas, indique-t-il, elles permettent de valider des trimestres qui pourraient compter pour le calcul de votre retraite. Et c’est votre caisse qui s’occupe des démarches. »

2. Envisagez une retraite progressive

Vous êtes salarié à temps partiel ou souhaitez y passer (entre 40 % et 80 % d’un temps plein), vous avez au moins 150 trimestres et êtes à moins de deux ans de l’âge légal*, vous pouvez avoir intérêt à activer ce dispositif. L’avantage : vous continuez à percevoir votre salaire, vous cotisez pour la retraite et faites le plein de trimestres, tout en commençant à percevoir une partie de votre retraite (entre 20 % et 60 %, selon votre temps de travail).

* Une loi devrait prochainement étendre le dispositif à toute personne de plus de 60 ans.

3. Rachetez (ou pas) des trimestres

« L’objectif est d’éviter la décote (- 0,625 % par trimestre manquant) et limiter la perte sur votre complémentaire signale Julia Sebo, cheffe de projet juridique chez Neovia, cabinet d’expertise retraite. Mais avant un rachat, il est nécessaire d’effectuer une étude de sa rentabilité, en prenant bien sûr en compte la déduction fiscale associée. » Demandez un devis gratuit à votre caisse. Elle met alors à jour votre relevé et effectue des simulations. A envisager plutôt vers 58 ans.

4. Attendez (ou pas) d’avoir 67 ans

Vous n’avez pas assez de trimestres pour partir à l’âge légal ? Vous pouvez viser le taux plein automatique à 67 ans. « Mais ce n’est pas toujours la meilleure option, d’après Joëlle Nascimento pour la plateforme de conseil Sapiendo. Mieux vaut parfois partir plus tôt avec décote, puis cumuler emploi et retraite. A calculer au cas par cas. »

5. Constituez une épargne retraite

 » Premier conseil : acheter votre résidence principale pour éviter un loyer à la retraite, décrypte Olivier Sentis, directeur général de la MIF. Ensuite, mettez de côté régulièrement, même de petites sommes. Sur 30 ans, l’effort est plus doux que sur les 5 dernières années. » Où placer ? Immobilier locatif, plan d’épargne retraite individuel ou d’entreprise, assurance vie… A chacun sa solution.

6. Cumulez emploi et retraite

Partir plus tard et profitez d’une pension majorée (avec la surcote) ou partir dès l’âge légal et cumuler pension et salaire ? Faites vos comptes. Le cumul emploi-retraite peut être un bon levier pour booster vos revenus, voire générer de nouveaux droits à retraite. Dans tous les cas, assurez-vous de remplir les conditions pour en bénéficier. « Et surtout, n’oubliez pas de demander votre seconde retraite au moment de l’arrêt définitif de toute activité », insiste Julia Sebo !

7. Pensez à la pension de réversion

« Attention, seules les personnes qui ont été mariées y ont droit… et il faut la demander, souligne Fanny Guillou Marre. Certains pensent à tort que leurs revenus les excluent du dispositif. C’est vrai parfois, pour la retraite de base du régime général. Mais aucune condition de revenus ne s’applique aux complémentaires Agirc-Arrco mais il ne faut pas être remarié« , rassure-t-elle, ni d’ailleurs aux retraités de la fonction publique.

Attention à votre date de départ !

« Pour que votre dernière année travaillée compte dans la moyenne de vos 25 meilleures années, partez le 1er janvier de l’année suivante« , préconise Philippe Bainville. Car si vous partez le 1er décembre, ces 11 mois de salaires ne seront pas retenus ! Autre mise en garde : pour valider un trimestre l’année de votre départ, quittez à la fin d’un trimestre civil (ex. : le 1er avril pour valider 1 trimestre).

Un complément de retraite pour les plus de 65 ans

Le montant maximum de l’Aspa*, ex-minimum vieillesse, versé sous conditions de ressources, aux plus de 65 ans est de 1.034,28 € par mois. Il complète vos pensions jusqu’à ce plafond. Les sommes sont récupérables sur la succession, si le patrimoine dépasse 107.616 € en 2025.

* Aspa : allocation de solidarité aux personnes âgées.

Congé parental ou une année sabbatique, quand le prendre ?

Petite astuce, soufflée par Emmanuel Grimaud : partez d’avril à septembre plutôt que de janvier à décembre. Vous éviterez ainsi de perdre 4 trimestres.

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